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Ma technique d’écriture (roman)

La technique Magicae Verba

Dans ma saga Nauranéüs, j’utilise un technique que j’ai nommé Magicae Verba (la magie des mots). Une des astuces proposées par la méthode Magicae Verba, est de faire intervenir un personnage de manière subtile afin de le réintégrer plus tard et de prévoir cette scène comme un moment fort de l’histoire. Cette technique peut aussi être planifiée avec un événement ou un objet.

Par exemple.

Dans le premier tome (Le messager des Ancêtres) Jennifer Saint-Cleerc passe par trois états émotionnels nécessaires à l’activation d’un objet (dans le second tome) qui lui ouvrira un portail menant à la cité disparue (dans le troisième tome). C’est subtil au point de passer inaperçu aux yeux d’un lecteur qui aurait loupé un tome, mais cela fera le bonheur des lecteurs qui captent tous les détails qui font la différence.

Bien entendu, j’utilise ma technique à une échelle plus petite (un seul roman). Ainsi, dans le premier tome, Jennifer rencontre un libraire qui lui sera bien utile avant la fin de l’histoire…

Le point principal à se rappeler avec cette méthode est de ne pas oublier de refermer une « boucle magique » qui aurait été précédemment ouverte.

Pour connaître toutes mes astuces d’écriture, je vous invite à visiter : http://lesateliersplumeetencrier.com/ecrireunroman/

Écrire un roman…

Écrire un roman…

Écrire un roman : folie passagère ou passion enveloppante?

Il y a déjà quelques années, j’ai eu l’idée folle d’écrire un roman pour me libérer du stress de la vie quotidienne. À cette période de ma vie, des épreuves difficiles croisaient ma route et s’amusaient à démolir, petit à petit, ma routine, ma sécurité et mon désir de bonheur. Comme beaucoup de romanciers et de romancières, c’est durant une période difficile de ma vie que les premières lignes de texte ont été couchées sur le papier.

Reculons de quelques années… Au travail, le stress et les responsabilités dépassaient depuis longtemps ma capacité à les gérer. Ma santé se détériorait, et ma vie personnelle ressemblait davantage à une interminable liste de choses à coordonner qu’à une expérience agréable. Au fil des épreuves qui se juxtaposaient les unes sur les autres, j’eus un choix à faire. Mon moral était au plus bas et je n’arrivais pas à me sentir heureuse plus de deux minutes chaque jour. C’est alors que m’est venue l’idée d’écrire un roman…

J’avais besoin de m’évader, et c’est ce que j’ai fait. Durant ce passage à vide, j’écrivais sur n’importe quel sujet, l’important étant d’évacuer mes tensions. J’écrivais des bouts de romans sans rester accrochée à une histoire en particulier. Selon les saveurs du moment, je choisissais un thème et je fonçais à travers les lignes. À cette période de ma vie, je n’arrivais pas à trouver mon style, et encore moins le genre qui me colleraient à la peau suffisamment longtemps pour que j’y investisse tout mon temps libre. Avec le recul, je crois avoir fait ce qu’il fallait : j’ai tout essayé! Comme un jeune chef cuisinier, j’ai essayé les mijotés, les grillades, les desserts et les potages. Vous savez, un jour ou l’autre, la spécialité de chacun lui colle à la peau de manière naturelle.

Puis, la lumière a jailli du néant!

Ce matin-là, j’ai découvert mon genre de roman. Aucun dragon. Pas de scènes d’horreur explicites. Pas de drames familiaux intenses et profonds. Aucun jeune sorcier à lunettes.

Il n’était pas question pour moi d’écrire un roman pour me défouler : tout ce que je voulais, tout ce qui me faisait du bien, c’était d’inventer, de créer et de planifier une histoire qui me plongeait chaque fois dans un état d’esprit réparateur et me réconciliait avec la vie.

Comment ai-je réussi cet exploit, moi qui n’avais qu’une formation en comptabilité?

J’ai fait une liste. Celle-ci contenait les choses que j’aimais, mes genres de films préférés, les livres qui m’intéressaient. En voici quelques exemples. Les châteaux forts, le papier parchemin, les prophéties millénaires, les plumes d’oiseaux, les livres anciens, les légendes, les bougies qui coulent sur une vieille table de bois, Leonardo Da Vinci et ses croquis, les passages secrets, les histoires de quêtes et d’aventures. Enfin, vous comprenez le truc. Croyez-moi, j’ai rempli plus de cinq pages! Le lendemain, j’ai relu ma liste… Vous l’aurez compris, j’avais suffisamment de matériel pour écrire un roman!

Au fil du temps, je me suis réconciliée avec la vie. Les choses se sont remises en place d’elles-mêmes comme si le fait de les ignorer les avait forcés à quitter ma vie. Écrire un roman d’aventures était devenu une forme de méditation. Écrire un roman dans lequel l’héroïne découvrait des écrits anciens qui lui étaient destinés depuis des millénaires me connectait à une réalité qui me semblait être la bonne. L’autre réalité, celle dans laquelle je croyais réellement baigner, celle qui m’obligeait à travailler en comptabilité, n’était que stress, angoisse et douleur.

Au moment où j’écris ces lignes, ma saga Nauranéüs a pris son envol. Mon premier roman (Le messager des Ancêtres) est disponible en format imprimé et numérique et a reçu d’excellentes critiques. Le second tome est en écriture et le plan global du troisième est presque terminé. Combien y aura-t-il de tomes? Je m’en fous, je suis heureuse d’écrire un roman ou plutôt devrais-je dire « d’écrire des romans » et seul un départ prématuré de « votre réalité : la vie » pourrait m’empêcher d’écrire.

Lorsqu’un romancier ou une romancière s’enferme dans sa bulle d’imaginaire, est-ce étrange qu’il ou qu’elle préfère un monde inventé de toutes pièces? Selon mon expérience, pas tant que ça. Écrire un roman demande de quitter le monde réel. La réalité des autres devient ainsi un épais brouillard qui se dissipe au contact de la réalité du romancier. De toute manière, qu’est-ce que la réalité?